La maison commune : un monde vert. L’importance théologique des plantes
La biosphère terrestre est un monde vert : c’est grâce aux plantes que la biodiversité actuelle a pu évoluer, y compris l’espèce humaine. Nous dépendons des plantes car elles sont nos sages-femmes, nos nourrices, nos sources d’inspiration et nos réconforts. La philosophie contemporaine commence à prendre en compte cette inversion de la hiérarchie habituelle : au lieu du végétatif, strate inférieure de la vie et de l’âme, nous concevons désormais la plante comme une force cosmogonique. Cette nouvelle vision représente un défi prometteur pour la théologie. Relire la Genèse 1 révèle le phytocentrisme de ce texte clé, la « sustentatio terrae » des plantes, plus fondamentale que le « dominium terrae » des humains. Tant les paraboles du Royaume que le repas eucharistique (purement végétal) évoquent la dignité eschatologique des plantes. L’idée baptismale de croissance en Christ est calquée sur le déploiement spontané de la plante.
